Le plan stratégique Pasteur 2030

Depuis son inauguration en 1887, l’Institut Pasteur fait progresser la recherche médicale et déploie ses expertises pour protéger durablement la santé humaine. Face à la multiplication des risques pour la santé, tels que les maladies infectieuses, l’antibiorésistance, le vieillissement, le dérèglement climatique ou encore les maladies neurodégénératives, l’Institut Pasteur mobilise toutes ses ressources.
Un chercheur doctorant de l’unité de Décision et processus Bayesiens observe avec un casque de réalité virtuelle une image microscopique de poumon de souris prise en microscopie Light-sheet. L'image est visualisée à l'aide du logiciel DIVA qui est un logiciel d'imagerie permettant d'interagir en VR avec des images volumiques au format tiff et Dicom. Cette technologie permet d'offrir à des cliniciens des outils de visualisation pour la planification chirurgicale et la compréhension de données volumiques.

Pasteur 2030 : notre stratégie pour protéger la santé mondiale

Les maladies infectieuses sont encore responsables d’environ 15 millions de décès par an, tandis que l'antibiorésistance (c’est-à-dire les bactéries qui résistent aux traitements) pourrait en causer 39 millions supplémentaires d’ici à 2050. Le dérèglement climatique, quant à lui, redessine la carte des épidémies et expose déjà 80 % de la population mondiale aux maladies transmises par les moustiques et les tiques. Les maladies chroniques et les cancers ne cessent de gagner du terrain - le cancer représentant à lui seul 10 millions de décès chaque année dans le monde

Avec Pasteur 2030 - notre plan stratégique à l’horizon 2030 – nous structurons notre approche scientifique autour des grandes menaces sanitaires de notre époque et réaffirmons notre ambition : être à l'avant-garde en matière de lutte contre les maladies infectieuses, tout en accélérant les réponses face aux nouveaux défis sanitaires et sociétaux.

Une vision scientifique au service des grands défis de santé publique

Nous sommes animés par quatre grands principes : l’excellence scientifique, la recherche interdisciplinaire, la liberté de la science et le soutien durable aux scientifiques d’aujourd’hui et de demain.  

L’ouverture sur le monde et la prise de risque sont, en outre, deux facteurs essentiels pour encourager l’innovation et identifier les réponses concrètes aux grands défis de la science et de la santé aujourd’hui. Nous encourageons l’une et l’autre grâce à une culture interne qui promeut résolument la diversitél’équité et l’inclusion au sein de nos équipes.

Ces valeurs humanistes nous permettent de tendre vers trois objectifs à fort impact pour la société :

  • Améliorer notre compréhension des maladies en continuant à défendre la recherche fondamentale, axée sur la compréhension des mécanismes et des processus biologiques.
  • Trouver des solutions pour combattre en priorité les maladies infectieuses et leurs effets, en exploitant nos expertises clés en microbiologie, infectiologie et immunologie.
  • Partager nos connaissances et défendre les valeurs de la science dans la société.

Quatre priorités de recherche pour répondre aux enjeux de santé mondiale

Nos équipes concentrent leurs recherches médicales autour de quatre grandes priorités, des principaux enjeux sanitaires de notre époque : 

 

1- La lutte contre les menaces infectieuses et l’antibiorésistance

Analyses bactériennes dans le cadre du Projet Birdy à l'Institut Pasteur de Dakar le 25 décembre 2014. Le projet Birdy (Bacterial Infections and antibiotic Resistant Diseases among Young children in low income countries) consiste à étudier les infections néonatales et l'antibiorésistance chez les jeunes enfants dans les pays à faibles revenus.

Combattre les maladies infectieuses et la résistance aux médicaments anti-infectieux (antibiotiques, antiviraux, antifongiques, antiparasitaires)

Les maladies infectieuses et l’antibiorésistance constituent l’une des plus grandes menaces sanitaires mondiales. 

Les maladies infectieuses restent parmi les principales causes de décès dans le monde : elles sont responsables d’environ 15 millions de victimes chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

1 milliard

1 milliard d’infections de maladies négligées provoquées chaque année

Malgré des progrès remarquables, le VIH/sida (630 000 décès, 39 millions de personnes infectées), la tuberculose (1,3 million de décès, 10 millions de nouveaux cas en 2022) et le paludisme (619 000 décès, 247 millions de cas en 2022) continuent de frapper durement l’humanité. 

Dans le même temps, les maladies négligées provoquent 1 milliard d’infections chaque année. Par maladies négligées, on entend les affections qui sévissent principalement dans les zones tropicales, au sein des communautés pauvres, dues à différents agents pathogènes (virus, bactéries, parasites, champignons ou toxines) et ayant des conséquences sanitaires, sociales et économiques lourdes : ulcère de Buruli, maladie de Chagas, dengue et chikungunya, trypanosomiase humaine africaine, leishmaniose, lèpre, rage, etc. 
Situation tout aussi alarmante, l’antibiorésistance cause déjà 1,27 million de décès par an et pourrait en causer 39 millions d’ici à 2050.

Notre objectif, à l’Institut Pasteur, est d’identifier, de comprendre et de surveiller les pathogènes responsables de ces maladies, tout en contribuant au développement de traitements et de vaccins innovants susceptibles de les enrayer. 

2 - Dérèglement climatique et santé : comprendre les nouveaux risques

Reportage dans la Plate-forme technologique BioImagerie Photonique à l'Institut Pasteur. Observation de cellules progénitrices de foie en cours de division cellulaire.

Comprendre et répondre à l’impact des changements climatiques et des transitions écologiques sur la santé et les maladies.

L'OMS estime qu'entre 2030 et 2050, le changement climatique pourrait entraîner 250 000 décès supplémentaires par an liés à la malnutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress thermique, avec des coûts économiques estimés à 24 milliards d'euros par an. 

700 000

décès par an provoqués par les maladies à transmission vectorielle

Les maladies à transmission vectorielle – transmises par les vecteurs comme les moustiques, les tiques ou les mouches – causent déjà plus de 700 000 décès par an, et environ 80 % de la population mondiale est actuellement exposée au risque de contracter une ou plusieurs de ces maladies. Le moustique tigre (Aedes albopictus), autrefois confiné aux régions tropicales, a migré vers les climats tempérés, augmentant le risque de transmission de maladies en Europe et en Amérique du Nord. Son taux de reproduction a augmenté de 40 % depuis les années 1950-1960. 

Le dérèglement climatique exacerbe également la perturbation des écosystèmes, facilitant la transmission à l’humain de maladies jusqu’alors limitées aux animaux ; d’ici à 2070, au moins 4 000 nouveaux franchissements de barrières entre espèces sont prévus dans le monde, ce qui provoquera nécessairement de futures épidémies. 

Face aux impacts du dérèglement climatique et aux risques induits par les bouleversements écologiques, nous avons pour objectif de comprendre et d’atténuer les effets de ces deux phénomènes sur la santé humaine. 

3 - Maladies chroniques graves : comprendre leurs mécanismes pour mieux les soigner

Cancer du côlon : comment la mutation du gène APC perturbe la migration des lymphocytes
Cancer du côlon : comment la mutation du gène APC perturbe la migration des lymphocytes

Étudier et agir sur les mécanismes sous-jacents des maladies chroniques graves et de l’inflammation.

Les maladies inflammatoires chroniques et les maladies non transmissibles se multiplient à un rythme alarmant au sein de nos sociétés (cancers, maladies neurodégénératives, diabète, hypertension, etc.).

35 millions

de nouveaux cas de cancers seront diagnostiqués d'ici à 2030

Selon l'OMS, d’ici à 2050, 50 % de la population mondiale pourrait souffrir d'asthme ou d'allergies. Le fardeau du cancer continue de s’alourdir à l’échelle mondiale ; il est déjà la deuxième cause de décès dans le monde, avec près de 10 millions de décès en 2020 (un décès sur six). Et son incidence va exploser dans les prochaines années. On estime ainsi que 35 millions de nouveaux cas de cancers seront diagnostiqués d'ici à 2030, soit une augmentation de 77% par rapport à 2022. Et, selon The Lancet, presque deux fois plus de personnes devraient décéder d’un cancer d'ici à 2050. 

Ces maladies sont en partie liées à des facteurs environnementaux, nutritionnels ou infectieux qui perturbent durablement l'homéostasie de l'organisme, créant des « cicatrices tissulaires » qui augmentent la vulnérabilité à des pathologies graves.  L’Institut Pasteur étudie les mécanismes sous-jacents des maladies non transmissibles et de l’inflammation. Notre volonté est de comprendre l’origine de ces maladies pour mieux les prévenir et mieux les soigner. 

4 - Santé de l’enfant et vieillissement : des approches préventives et thérapeutiques ciblées

Vaccination au centre antirabique de l'Institut Pasteur du Cambodge.

Explorer la physiologie et les réponses immunitaires aux stades clés de la vie.

Nos scientifiques explorent la physiologie et les réponses immunitaires aux stades clés de la vie : le développement précoce (en se concentrant sur la relation mère-enfant), ainsi que le vieillissement. Toute perturbation de la relation mère-enfant et du microbiome est associée à une augmentation des cas d’asthme, d’eczéma, d’obésité, de diabète et de troubles cognitifs. 

À l’autre extrémité de la pyramide des âges, l’OMS prévoit que la population âgée de 60 ans et plus va presque doubler entre 2000 et 2050. Comprendre comment le système immunitaire évolue avec l’âge (en devenant moins réactif aux vaccins, plus sujet à l’inflammation chronique, moins capable de lutter contre les infections) est essentiel pour élaborer des traitements adaptés aux populations âgées. 

Notre volonté est de développer des approches préventives et thérapeutiques adaptées à ces stades particulièrement vulnérables de la vie.

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Fondation indépendante agissant au service de l’intérêt général depuis 1887, l’Institut Pasteur a les capacités d’apporter une réponse décisive sur la scène scientifique française, européenne et internationale.