Projet FEF Indopacifique
Les transformations engendrées par le changement climatique remodèlent profondément les écosystèmes, induisant ainsi une hausse des risques d’épidémies de maladies d’origine animales et hydriques. Cette hausse révèle un besoin primordial d’une meilleure surveillance environnementale de ces maladies infectieuses, avec l’opportunité de mobiliser les instituts membres du Pasteur Network localisés dans la zone Indopacifique.
Le projet vise à établir une collaboration et une confiance durable avec les autorités locales pour améliorer la réactivité en suivant deux axes principaux : la cartographie des risques de schistosomiase (Laos et Madagascar) et la prévention face à la grippe aviaire (Vanuatu).
Institut Pasteur (Paris)
lnstitut Pasteur du Laos
Institut Pasteur de Madagascar
CIRAD (Madagascar)
Institut Pasteur du Cambodge
l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie
Direction des Affaires Vétérinaires Alimentaires et Rurales (NC)
Vanuatu Agriculture Research and Training Center
Ministry of Biosecurity and Livestock of Vanuatu
- Ministère de l'Europe et des affaires étrangères
Laos
Madagascar
Vanuatu
Cambodge
Nouvelle-Calédonie
En cours depuis juillet 2025, temps d'action prévu pour 2 ans
Synergie du réseau ECOMORE
Le projet se bâtit directement sur la force du réseau ECOMORE, en s’alignant sur les priorités de ce dernier : changement climatique, plateformes de dialogue régionales, et échange entre pays. Les deux initiatives se renforcent mutuellement, ECOMORE mettant à disposition sa structure et son réseau, et le projet FEF Indopacifique apportant deux nouveaux champs de collaboration scientifique et technique.
Les risques de schistosomiase au Laos et à Madagascar
La schistosomiase, aussi appelée bilharziose, est une maladie tropicale parasitaire causée par les vers plats du genre Schistosoma. La contamination a lieu au contact avec l’eau douce contaminée: des larves microscopiques, provenant d’escargots d’eau douce qui servent d’hôtes intermédiaires, pénètrent directement dans la peau. Une fois dans le corps, les vers adultes s’installent dans les vaisseaux sanguins, notamment près de l’intestin ou de la vessie. Les symptômes de la maladie varient en fonction de l’espèce de parasite et du stade de l’infection. Au début, la pénétration de la larve dans la peau se traduit souvent par des démangeaisons ou une rougeur. Quelques semaines plus tard, la phase aiguë s’accompagne typiquement de fièvre, fatigue, toux, maux de ventre, diarrhée ou encore de sang dans les urines ou les selles. Si l’infection n’est pas traitée et devient chronique, elle peut entraîner, selon l’espèce de Schistosoma concerné, des complications graves telles qu’un durcissement du foie, appelé fibrose hépatique, ou des atteintes de la vessie et des organes génitaux, correspondant à la forme urogénitale de la schistosomiase.
L’objectif de ce premier axe est de contribuer aux efforts d’élimination des schistosomiases au Laos et à Madagascar en identifiant les zones à risques et en améliorant les stratégies de prévention. Pour atteindre ce but, plusieurs activités clés sont actuellement conduites par l’Institut Pasteur du Laos, l’Institut Pasteur de Madagascar et l’équipe du CIRAD basée à Madagascar :
- En se basant sur les indicateurs environnementaux et climatiques des deux pays, une cartographie des zones à risques s’établit afin d’affiner la surveillance.
- Des efforts sont mis en place pour mieux comprendre les pratiques des différentes communités locales, et ainsi optimiser la mise en place de solutions de surveillance et de prévention. Cela permet également d’optimiser les messages de sensibilisation en fonction des contraintes des différentes communautés.
- Dans la continuité des efforts de surveillance et de prévention, ce sont également les capacités des laboratoires locaux qui sont améliorés. Ces mises à niveau permettront à terme de détecter la schistosomiase selon une approche moderne et efficace.
Enfin, des activités de prévention supplémentaires sont conduits dans des villages sélectionnés. L’objectif est de former les acteurs locaux pour surveiller la progression de la maladie à une échelle communautaire.
Au Vanuatu, la grippe aviaire en ligne de mire
Ce deuxième axe a pour objectif de développer les capacités de détection et de prévention de la grippe aviaire dans l’environnement, ainsi que sur les oiseaux domestiques et sauvages au Vanuatu. En comptant sur la collaboration de plusieurs membres du Pasteur Network de la région Indopacifique, cet axe s’appuie sur les ressources de l’Institut Pasteur (Paris) et l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie, ainsi que l’expertise de l’Institut Pasteur du Cambodge sur le séquençage des virus de la grippe aviaire. Ce projet bénéficiera au Vanuatu, où les risques de futures épidémies de grippe aviaires deviennent une priorité, notamment à cause du changement climatique qui interfère avec les migrations des oiseaux.
Cet axe s’articule autour de 4 activités clés, effectués en synergie entre les différents membres :
- La formation des équipes de Vanuatu aux approches de surveillance moderne, qui englobent notamment les secteurs environnemental, animal et humain, afin de surveiller efficacement la circulation du virus de la grippe aviaire sur le territoire.
- Les tests, sur le territoire du Vanuatu, d’outils de surveillance moléculaires et sérologiques adaptés au contexte des îles pacifiques, afin d’évaluer leur pertinence et leur capacité à répondre aux attentes sanitaires du pays.
- Le renforcement, selon une approche One Health, de la coordination entre les secteurs vétérinaires, de laboratoires et de la santé, afin de fluidifier les échanges, la communication et la réactivité du réseau.
- L’étude de la possibilité d’étendre cette approche à d’autres territoires de la région Pacifique, notamment les Fidji et Tonga, en collaboration avec la Communauté du Pacifique (CPS), en vue de la constitution d’un réseau de surveillance régional.
A terme, cet axe vise à offrir au Vanuatu un dispositif de surveillance pérenne et coordonnée, tout en constituant un modèle adaptable pour d’autres pays du Pacifique confrontés aux mêmes risques sanitaires.