Maladies non transmissibles : un champ de recherche multifactoriel

43 millions de personnes en meurent chaque année. Plus que les guerres, plus que les épidémies. Les maladies non transmissibles représentent aujourd’hui la première cause de mortalité dans le monde et leur progression ne ralentit pas.
Tissu respiratoire humain, avec les cellules ciliées marquées en vert (anticorps anti-TMPRSS2), noyaux en bleu foncé, membranes cellulaires en bleu clair.

Cancers, diabète, Alzheimer, maladies du cœur : ces pathologies chroniques touchent des millions de personnes. Ce qu'elles ont en commun ? Elles ne s'expliquent pas par une seule cause. Elles sont le fruit de l’histoire individuelle de chacun : notre génétique, notre alimentation, notre environnement, les infections que nous avons eues, ou encore notre microbiote. Comprendre leurs origines est essentiel pour mieux les prévenir et mieux les soigner.

Qu'est-ce qu'une maladie non transmissible ?

Le nom peut sembler technique, mais l'idée est simple : ce sont des maladies que l’on « n’attrape pas »On ne les contracte pas au contact d'une personne malade, contrairement à la grippe ou à la Covid-19. Elles s'installent progressivement, souvent sur des années. 

Parmi les plus connues, on retrouve :

  • les cancers : cancer du sein, cancer de la prostate, cancer des poumons… ;
  • les maladies cardiovasculaires, comme les AVC (Accident Vasculaire Cérébral) ou l’infarctus ;
  • le diabète ;
  • les maladies respiratoires chroniques, comme l’asthme ;
  • les maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson ;
  • les troubles neurodéveloppementaux, dont l'autisme.

Leurs chiffres donnent le vertige. En Europe, une personne sur six meurt d'une de ces maladies avant 70 ans. En France, les cancers et les maladies cardiovasculaires causent plus de la moitié des décès chaque année. Selon l'OMS, près d'une personne sur deux dans le monde pourrait souffrir d'asthme ou d'allergies d’ici 2050

Aujourd’hui, les maladies auto-immunes et inflammatoires (Maladie de Crohn, sclérose en plaques…), neurodégénératives et métaboliques (diabète de type 1 et 2...), ainsi que certains cancers, progressent à un rythme rapide, y compris chez les jeunes. En France, près de 5 millions de personnes sont touchées par une maladie auto-immuneL’incidence du diabète de type 1 chez les moins de 20 ans a fortement augmenté ces dernières années et certains cancers se déclarent chez les adolescents et jeunes adultes (de 15 à 39 ans). 

Notre objectif est d’élucider, de comprendre et, in fine, d'enrayer les mécanismes qui viennent perturber l'équilibre physiologique et favoriser le développement de ces pathologies chez l'être humain.

Maladies non transmissibles : pourquoi elles nous concernent tous ? 

Avec une maladie infectieuse, on cherche le coupable : un virus, une bactérie. Lorsqu’on parle des maladies non transmissibles et inflammatoires, il n'y a pas de coupable unique. C'est là toute leur complexité.

Ces maladies se construisent à partir d'une combinaison de facteurs propres à chaque individu :

  • nos gènes : certaines personnes sont biologiquement plus vulnérables que d'autres ;
  • notre alimentation et notre mode de vie ;
  • notre environnement : pollution, stress, exposition à des produits chimiques ; 
  • les infections que l’on a eues : une infection peut laisser des traces invisibles pendant des années mais avoir des conséquences à terme ; 
  • notre microbiote : ces milliards de micro-organismes qui vivent en nous et sur nous influencent notre immunité, notre digestion, et même notre cerveau.

En clair : nous ne sommes pas tous égaux face à ces maladies. L'âge, le sexe, la génétique, l'environnement social et géographique déterminent qui est le plus susceptible de contracter une maladie, quand et avec quelle sévéritéMieux comprendre ces trajectoires individuelles est indispensable pour faire évoluer la médecine vers une approche plus préventive, prédictive et personnalisée.

L'Institut Pasteur face à ce défi de santé publique mondial

Ces maladies sont complexes, mais elles ne doivent pas être une fatalité. L'Institut Pasteur a fait des maladies non transmissibles et inflammatoires l'une de ses grandes priorités stratégiques dans le cadre du plan Pasteur 2030.

Notre ambition est claire : décoder ce qui perturbe l'équilibre de notre corps et ouvre la voie à ces maladies afin de mieux les prévenir et mieux les soigner

Pour ce faire, nous nous appuyons sur un atout exceptionnel : des expertises multiples réparties dans 12 départements scientifiques : immunologie, microbiologie, neurosciences, génétique, biologie cellulaire, bio-informatique, ou encore intelligence artificielle. Cette configuration multidisciplinaire unique constitue une véritable force pour appréhender l’aspect multifactoriel de ces maladies.

Nos recherches s'articulent autour de quatre axes :

  • La physiologie des tissus barrières : intestin, poumons, peau, cerveau : comment ces organes réagissent-ils aux agressions, et comment restaurer leur capacité de réparation ?
  • L'hôte comme méta-organisme : notre corps abrite des milliards de microbes utiles ; il s’agit donc d’explorer les interactions permanentes entre l'hôte (nous, notre organisme) et son microbiote. Notre Programme Intégratif sur le Microbiome (IM2P) fédère une quarantaine d'équipes autour de cet enjeu.
  • Les infections et maladies chroniques : décrypter les conséquences à long terme des infections aiguës, comme le Covid long.
  • Les trajectoires individuelles : intégrer la diversité biologique (âge, sexe, génétique, alimentation, environnement) pour personnaliser la prévention et les traitements.

L’Institut Pasteur exerce également un leadership scientifique reconnu sur l'autisme et les troubles neurodéveloppementaux, en explorant leurs bases biologiques, de la génétique aux interactions cerveau-microbiote pour développer de nouvelles voies thérapeutiques. 

Cancer, microbiote, allergies… la recherche avance sans relâche

Nos chercheuses et chercheurs font régulièrement progresser la compréhension des maladies : 

Les maladies chroniques progressent. La recherche aussi. Grâce à vous.

Comprendre pourquoi certains tombent malades et d'autres non. Identifier les signaux précoces qui permettront d'agir avant que la maladie ne s'installe. Ouvrir la voie à des traitements plus ciblés, plus efficaces, plus humains. L’Institut Pasteur est une fondation indépendante financée à plus d’un tiers par la générosité du public. Chaque don permet à nos scientifiques d'aller plus loin, d'explorer de nouvelles pistes et d'équiper leurs laboratoires.

Je soutiens l'Institut Pasteur

Votre générosité est déductible des impôts à hauteur de 66 %.